N°13_Vol.4
Zaouli, numéro 13, Vol.4 Mai 2026 [SOMMAIRE]
SOMMAIRE
Ahmed GHEZAL
The ethics of artificial intelligence in scientific research: a comparative study of the debates
L’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans la recherche scientifique a suscité l’un des débats éthiques les plus importants du monde universitaire contemporain. Dans toutes les disciplines, des sciences biomédicales aux sciences politiques, les chercheurs, les rédacteurs en chef de revues, les organismes de financement et les organisations internationales sont désormais confrontés à une série de questions communes mais controversées : qu’est-ce qui constitue une utilisation responsable de l’IA dans la recherche ? Qui est responsable lorsque les résultats générés par l’IA induisent en erreur ? Où se situe la frontière entre une aide légitime et une conduite académique contraire à l’éthique ? Cet article examine le paysage en rapide évolution de l’éthique de l’IA en relation avec l’intégrité de la recherche, en soulignant les domaines où un consensus émerge ainsi que les points de discorde persistants et parfois non résolus. S’appuyant sur des cadres éthiques clés (Floridi et al., 2018 ; Jobin, Inka & Faina, 2019 ; Mittelstadt, 2019), des réponses institutionnelles notables (UNESCO, 2021 ; COPE, 2024 ; ICMJE, 2023) et des discussions interdisciplinaires au sein des sciences politiques et des sciences sociales computationnelles, l’article soutient que, bien qu’il existe une convergence nominale autour de principes fondamentaux tels que la transparence, la responsabilité, l’équité et le contrôle humain, de profondes fissures normatives, structurelles et géopolitiques restent sans solution. Les implications pour l’intégrité de la recherche en sciences politiques sont particulièrement aiguës compte tenu de la dépendance de ce domaine à l’égard du jugement interprétatif, de la validité contextuelle et de la sensibilité politique.
The integration of artificial intelligence (AI) into scientific research has sparked one of the most significant ethical debates in contemporary scholarship. Across disciplines, from biomedical science to political science, scientists, journal editors, funding bodies and international organisations are now confronted with a set of common yet contentious questions: What constitutes the responsible use of AI in research? Who is responsible when AI-generated outputs mislead? Where is the line between legitimate assistance and unethical academic conduct drawn? This article examines the rapidly evolving landscape of AI ethics in relation to research integrity, outlining areas of emerging consensus alongside persistent and sometimes unresolved points of contention. Drawing on key ethical frameworks (Floridi et al., 2018; Jobin, Inka & Faina, 2019; Mittelstadt, 2019), notable institutional responses (UNESCO, 2021; COPE, 2024; ICMJE, 2023) and interdisciplinary discussions within political science and computational social science, the article contends that, although there is nominal convergence around core principles such as transparency, accountability, fairness and human oversight, deep normative, structural and geopolitical fissures remain unresolved. The implications for the integrity of political science research are particularly acute given the field’s reliance on interpretive judgement, contextual validity and political sensitivity.
éthique de l’IA, intégrité de la recherche, grands modèles linguistiques, transparence, paternité des travaux universitaires, UNESCO
AI ethics, research integrity, big language models, transparency, academic authorship, UNESCO
Lakrout SAID & Maloum LAKHDAR
Startups in Algeria and their role in encouraging self-investment among physical and sports education students: An Analytical and Prospective Reading
Cette étude adopte une approche analytique descriptive s’appuyant sur une méthodologie qualitative fondée sur des entretiens afin d’analyser le rôle des start-ups dans la promotion de l’auto-investissement chez les étudiants en éducation physique et sportive en Algérie. Les résultats montrent que le domaine du sport offre de diverses opportunités d’auto-investissement ; toutefois, celles-ci ne sont pas largement exploitées en raison de défis juridiques, pédagogiques, économiques et psychologiques. Les résultats indiquent également que, malgré l’existence de mécanismes de soutien aux start-ups, leur efficacité est compromise par un manque d’accompagnement et de spécialisation adéquats. L’étude conclut que pour dynamiser cette voie, il est nécessaire d’intégrer une formation à l’entrepreneuriat, d’adapter les politiques de soutien à la nature spécifique du secteur sportif et de favoriser une culture de l’initiative chez les étudiants. En outre, il est suggéré que les start-ups peuvent véritablement contribuer au développement de l’investissement dans le domaine sportif, à condition qu’une approche intégrée soit adoptée entre l’université et les institutions de soutien.
This study uses an analytical descriptive approach supported by a qualitative, interview-based methodology to analyse the role of start-ups in encouraging self-investment among Physical and Sports Education students in Algeria. The results show that the sports field offers diverse opportunities for self-investment; however, these are not widely utilised due to legal, pedagogical, economic and psychological challenges. The findings also indicate that, despite the availability of support mechanisms for start-ups, their effectiveness is undermined by a lack of proper guidance and specialisation. The study concludes that activating this pathway requires integrating entrepreneurial training, adapting support policies to the specific nature of the sports sector and fostering a culture of initiative among students. Furthermore, it is suggested that startups can genuinely contribute to the development of sports-based investment, provided an integrated approach is adopted between the university and supporting institutions.
Start-ups, Auto-investissement, Étudiants en éducation physique et sportive.
Startups, Self-investment, Physical and Sports Education students.
Souad DOUBA
The Cairo Conference Document (1994) and the Issue of Entrenching Family Rights and Reproductive Health: Between Rights Universalism and Cultural Specificity
Cet article propose une analyse critique de la Conférence internationale sur la population et le développement (Le Caire, 1994), en clarifiant sa contribution à l’ancrage des droits de la famille et de la santé reproductive en tant que droits humains universels et en évaluant les limites de cet ancrage à la lumière des différences culturelles et religieuses. Adoptant une méthodologie descriptive et analytique, l’étude présente le contenu du document, classe les objections soulevées à son encontre et en tire les implications juridiques et en matière de droits.
Les résultats révèlent que la Conférence du Caire a marqué un tournant décisif dans les politiques internationales en matière de population, en déplaçant l’accent mis sur des objectifs purement démographiques vers une approche fondée sur les droits qui reconnaît les individus comme des titulaires de droits plutôt que comme des instruments démographiques. Cependant, le document contient une tension structurelle non résolue entre, d’une part, la nature universelle des droits reproductifs et, d’autre part, la légitimité de la spécificité culturelle et religieuse. Cette tension est inhérente au document lui-même, qui reconnaît le droit de chaque État à mettre en œuvre des politiques conformément à ses lois et valeurs nationales. Les objections formulées par de nombreux États ne constituaient donc pas un rejet unanime, mais plutôt un large éventail allant d’une acceptation partielle à des réserves sélectives.
L’étude conclut que le document de la Conférence du Caire constitue un modèle hybride fondé sur les droits. Sa véritable force ne réside pas dans son caractère juridiquement contraignant, mais dans son influence sur l’orientation du discours international et des politiques nationales — ce qui explique pourquoi il conserve toute son autorité plus de trois décennies plus tard.
This article critically analyses the International Conference on Population and Development (Cairo, 1994), clarifying its contribution to the entrenchment of family rights and reproductive health as universal human rights and assessing the limits of such entrenchment in light of cultural and religious differences. Adopting a descriptive-analytical methodology, the study presents the contents of the document, classifies the objections raised against it and draws out their legal and rights-related implications.
The findings reveal that the Cairo Conference signified a transformative shift in international population policies, shifting the focus from purely demographic objectives to a rights-based approach that recognises individuals as rights-holders rather than demographic instruments. However, the document contains an unresolved structural tension between, on the one hand, the universal nature of reproductive rights, and on the other, the legitimacy of cultural and religious specificity. This tension is embedded in the document itself, which recognises each state’s right to implement policies according to its national laws and values. The objections voiced by many states were therefore not a unified rejection, but rather a broad spectrum ranging from partial acceptance to selective reservations.
The study concludes that the Cairo Conference document constitutes a hybrid rights-based model. Its true strength lies not in its legal enforceability, but in its impact on framing international discourse and national policies — an explanation for its continued authority more than three decades later.
famille, santé reproductive, droits reproductifs, conférence internationale, population, développement
family, reproductive health, reproductive rights, international conference, population, development
Ahmed ACHOURI & Ghanem BOUDEN
The credibility of historical information regarding the history of modern Algeria: between the French perspective and the local archives
Cet article aborde la question des sources utilisées pour écrire l’histoire de l’Algérie moderne, en comparant la perspective algérienne et la perspective française. En ce qui concerne l’histoire de l’Algérie moderne, les sources d’archives algériennes en langues arabe et ottomane s’avèrent riches, car les archives sont étroitement liées à l’histoire : elles renferment les divers aspects de la vie politique, économique, sociale et culturelle d’un État, et constituent à la fois son registre officiel et le dépositaire de sa mémoire, attestant ainsi de son existence. Cela permet au chercheur d’identifier les caractéristiques de la société algérienne et prouve l’existence de l’État algérien à travers ses relations extérieures. Cependant, ces sources ont été négligées par l’école historique coloniale française, qui a cherché à nier l’existence de l’État algérien en excluant les archives locales et en s’appuyant sur les écrits d’espions, de consuls et de voyageurs européens, ce qui a donné lieu à des écrits visant à jeter le doute sur l’histoire de l’Algérie afin de justifier l’occupation.
This paper addresses the problem of sources for writing the history of modern Algeria between the Algerian perspective and the French perspective. As for the history of modern Algeria, we find its Algerian archival sources in Arabic and Ottoman languages to be rich, as archives are closely linked to history because they contain the various aspects of the political, economic, social and cultural life of a state, and they are its official record and the vessel of its memory that proves its existence. This allows the researcher to identify the characteristics of Algerian society and proves the existence of the Algerian state with its foreign relations. However, these sources were neglected by the French colonial historical school, which sought to deny the existence of the Algerian state by excluding the local archive and relying on the writings of spies, consuls and European travelers, which made writings aimed at casting doubt on the history of Algeria in order to justify the occupation.
Histoire moderne de l’Algérie, État algérien, École coloniale d’histoire, Archives locales, Correspondance, Documents
Modern Algerian History, The Algerian State, The Colonial School of History, Local Archive, Correspondence, Records
Hadji HAMZA
The Role of Guides in the Trans-Saharan Caravan Trade (7th-9th AH / 13th-15th AD)
Les guides ont joué un rôle actif et efficace, qui s’est épanoui grâce à leur mission d’accompagnement des caravanes commerciales pour le compte des deux parties, en échange d’un salaire convenu. Le rôle des guides ne se limitait pas aux périodes de guerre et de paix. Les musulmans comptaient sur les guides dans le commerce caravaniers transsaharien entre le VIIe et le IXe siècle de l’Hégire en raison de leur connaissance des itinéraires et des chemins, ainsi que des axes des caravanes commerciales qui prospéraient grâce à eux (Maza bint Al-Baqmi, 2017, p. 33). Grâce à ces guides, les caravanes pouvaient éviter les difficultés et les obstacles naturels et humains. Les caravanes avaient un besoin urgent d’un guide connaissant bien le désert et capable de s’y orienter avec une précision ne laissant aucune place à l’erreur ; sinon, les marchandises seraient perdues et des vies seraient sacrifiées. Le guide disposait également d’assistants dont les tâches consistaient notamment à transmettre ses instructions aux différentes parties de la caravane afin de s’assurer que personne ne soit laissé derrière. Chaque assistant guidait la section de la caravane dont il était responsable jusqu’au relais où ils s’arrêtaient pour se reposer en cas de séparation pour quelque raison que ce soit (Maza bint Al-Baqmi, 2017, p. 33).
Guides played an active and effective role, which flourished through their guidance of commercial caravans for both parties in exchange for a specified wage. The role of guides was not limited to periods of war and peace. Muslims relied on guides in the trans-Saharan caravan trade between the 7th and 9th centuries AH due to their knowledge of routes and paths, as well as the axes of commercial caravans that thrived thanks to them (Maza bint Al-Baqmi, 2017, p. 33). Thanks to these guides, caravans were able to avoid natural and human difficulties and obstacles. The caravans had an urgent need for a guide knowledgeable about the desert and skilled in navigating it with precision that left no room for error; otherwise, goods would be lost and lives would perish. The guide also had assistants whose tasks included conveying his directions to various parts of the caravan to ensure no one got left behind. Each assistant would guide the section of the caravan for which he was responsible to the station where they would stop for rest in case of separation for any reason (Maza bint Al-Baqmi, 2017, p. 33).
Guides (Adilla’) , Commerce transsaharien, Routes caravanières, État mérinide, Royaume du Mali, Navigation dans le désert
Guides (Adilla’) , Trans-Saharan Trade , Caravan Routes , Marinid State , Kingdom of Mali, Desert Navigation.
Alia KHELIFI
Towards Smart and Sustainable Guidance Systems: A Proposed Framework for Enhancing Digital Resilience and Quality of Working Life for Career Counselors »
Cet article aborde les transformations radicales de la structure de l’orientation scolaire et professionnelle, en cherchant à résoudre le conflit entre les ambitions d’une numérisation généralisée et les impératifs de la durabilité humaine. Il met en évidence le fossé existant entre les systèmes d’orientation hyper-algorithmiques et la qualité de vie au travail des professionnels, en soulignant les risques d’aliénation technologique et l’effacement des frontières entre les sphères professionnelle et personnelle. L’article introduit le concept de « résilience numérique » comme pilier central pour améliorer le bien-être psychologique et protéger les ressources émotionnelles contre l’épuisement numérique. En adoptant une vision centrée sur « l’humanisation de la technologie », l’article propose des voies alternatives qui garantissent la souveraineté du conseiller sur ses outils intelligents et l’exercice de son droit à la déconnexion numérique, dans le but de passer d’une phase d’adaptation réactive aux pressions technologiques à une phase de gestion créative qui place la dignité professionnelle et le bien-être psychologique au cœur du développement éducatif
This article addresses the radical transformations in the structure of educational and career guidance, seeking to resolve the conflict between the ambitions of comprehensive digitalisation and the imperatives of human sustainability. It highlights the existing gap between hyper-algorithmic guidance systems and the quality of working life for practitioners, noting the risks of technological alienation and the erosion of boundaries between professional and personal spheres. The article introduces the concept of ‘digital resilience’ as a central pillar for enhancing psychological well-being and protecting emotional resources from digital burnout. By adopting a vision centred on the ‘humanisation of technology’, the article proposes alternative pathways that ensure the counsellor’s sovereignty over their smart tools and the exercise of their right to digital disconnection, in an effort to move from a phase of reactive coping with technological pressures to a phase of creative management that places professional dignity and psychological well-being at the heart of educational development
Qualité de vie au travail, résilience numérique, durabilité professionnelle, sécurité psychologique de l’emploi
Quality of working life, digital resilience, professional sustainability, psychological job security
