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RAPPORT GENERAL
Introduction
Dans le cadre de la première édition du Festival Universitaire des Arts et Cultures d’Afrique et d’Ailleurs, dénommé FUACAA, s’est tenu du 9 au 12 avril 2025 à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, un colloque international en hommage à l’artiste musicien de reggae Tiken Jah Fakoly. Ce double évènement (colloque et festival) s’est déroulé en présence de Son Excellence Monsieur Ernest Darboux, Consul de la République du Bénin en Côte d’Ivoire ; de l’Honorable Doumbia Alassane, Député de la commune de Gbéléban en Côte d’Ivoire ; du Professeur Hien Sié, président du comité scientifique du colloque et par ailleurs représentant Madame la Ministre de la Culture et de la Francophonie, des Pr Ballo Zié et Dion Yodé Simplice, respectivement Président et Vice-président de l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan. S’appuyant sur des expositions d’œuvres d’art, des prestations de théâtre et de danse, des concerts de musique ainsi que des conférences musicales, ce colloque à l’allure de festival, et que nous qualifions de Colloque-Festival, avait pour but d’offrir au monde universitaire (enseignants-chercheurs, chercheurs et étudiants) une plateforme d’expression. Il réussit, au demeurant, à concilier la science à l’actualité quotidienne à travers la thématique « Arts, cultures et développement durable en Afrique ».
Le présent rapport en relate les points saillants. Il comporte la cérémonie d’ouverture, quelques témoignages, la conférence inaugurale, les ateliers de réflexion et la cérémonie de clôture.
- Une cérémonie d’ouverture haut en couleur
La cérémonie d’ouverture du colloque-festival a eu lieu le mercredi 9 avril 2025 à l’Amphi A du District de l’université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan. Elle démarra par les visites de son Excellence, Monsieur le Consul du Bénin, de l’Honorable Député de Gbéléban et de l’artiste Tiken Jah Fakoly aux autorités de l’université représentées au plus haut niveau par Monsieur le président, Professeur Ballo Zié. Suite aux civilités le colloque-festival s’est ouvert en Amphi A, avec l’exécution de l’Abidjanaise, l’hymne national ivoirien, suivi des allocutions.
La première fut celle du président du comité d’organisation, Dr Koné Bassirima, Commissaire Général du Festival qui souhaita la bienvenue à la centaine de participants (panélistes et festivaliers) venus des universités ivoiriennes (UFHB ; INSAAC d’Abidjan ; UAO de Bouaké ; UPGC de Korhogo) et d’ailleurs (ENETP de Bamako ; Cheick Anta Diop de Dakar ; Joseph Ki Zerbo de Ouagadougou ; Norbert Zongo de Koudougou ; Université de Parakou ; EHESS ; Université de Lyon et Université Gustave Eiffel-Champs-sur-Marne de France). En un tour de chant accompagné par le public, tout a été dit.
Ce fut ensuite au tour du Directeur Exécutif du Groupe de Recherches et d’Actions sur la Culture, l’Education, la Santé et la Société en Afrique (GRACES), Dr Koffi Brou Dieudonné de justifier les motivations de ce festival qui relève des activités du GRACES. Il en profita pour inviter les chercheurs à y adhérer.
Ensuite, Monsieur le Directeur de l’UFR Information, Communication et Arts a souhaité la bienvenue aux panélistes, s’excusant des éventuels manquements dans l’accueil, tout en s’honorant de la tenue de ce colloque-festival dans son institution. Il a rappelé les activités similaires déjà menées par le Laboratoire des Sciences de la Communication, des Arts et de la Culture (LSCAC) de l’UFRICA. Il a affirmé notamment qu’« il y a longtemps que l’UFRICA réfléchit sur les artistes : cela a commencé avec Sidiki Bakaba, ensuite Nani Palé, puis Alpha Blondy ; hier c’était au tour d’Allah Thérèse et aujourd’hui, nous nous penchons sur Tiken Jah Fakoly ».
Puis vint le tour de son Excellence Monsieur le consul du Bénin de prendre la parole en qualité de premier invité au FUACAA. Après avoir remercié les organisateurs de cet événement et fait l’éloge des autorités de l’institution d’accueil, il s’est déclaré honoré par le fait que son pays ait été l’invité principal de cette première édition d’un festival de jeunesse axé sur le brassage des cultures. Il a terminé son intervention non sans encourager les organisateurs à poursuivre cette initiative qui vise à rapprocher les peuples à travers la culture et les arts.
L’honorable député de Gbéléban a exprimé sa fierté à plus d’un titre quand lui échut le tour de parole. Il s’est dit fier que sa région soit invitée à ce festival universitaire, et surtout, honoré de représenter le village d’origine de l’artiste Tiken Jah Fakoly, célébré ce jour par toute la communauté universitaire à travers un colloque international.
Quand est venu le tour de l’artiste lui-même de s’exprimer, il a réitéré sa reconnaissance au monde universitaire tout en relevant que c’était la première fois qu’il avait droit à une telle reconnaissance officielle dans son pays. Il ne pouvait que s’en réjouir et remercier les initiateurs de cette activité.
La série d’allocutions a pris fin avec le discours du professeur Dion Simplice, représentant le président de l’université. Sa prise de parole a consisté à remercier les organisateurs et à rendre un hommage à l’artiste. Il a terminé ses propos en invitant tous les panélistes et festivaliers à l’ouverture solennelle de la première édition du colloque-festival dénommé FUACAA 2025 dont la thématique est « Arts, cultures et développement durable en Afrique ».
Une fresque en hommage à Vakaba Touré, fondateur du royaume du Kabadougou, exécutée par la troupe Hêrêba et la chorale de l’UFRICA ont assuré l’animation de cette cérémonie qui a pris fin à 12h 45 minutes.
- Les témoignages
Deux témoignages ont retenu l’attention lors de la cérémonie d’ouverture du colloque-festival. Il s’agit de celui de l’artiste international de reggae Tiken Jah Fakoly et de celui du vice-président de l’université, professeur Dion Yodé Simplice. Nous en rapportons ici la quintessence.
- Témoignage de l’artiste Tiken Jah Fakoly
« J’ai reçu de nombreuses distinctions dans plusieurs pays du monde, en France, en Irlande…mais c’est la toute première fois que je suis honoré dans mon propre pays en 25 ans de carrière. Vous comprenez surement mon émotion et ma reconnaissance envers les organisateurs de ce colloque-festival, à qui je dis Merci. Je sais que cela n’a pas été facile pour eux. Je remercie également tous les panélistes venus des quatre coins du monde pour cet évènement. Ce colloque est une très bonne initiative car c’est une reconnaissance du travail des artistes. L’art est l’un des métiers les plus importants en Afrique, mais les artistes ne sont malheureusement pas reconnus à leur juste valeur, parfois même négligés par leurs proches. Il fut une époque où on nous appelait même les enfants perdus de nos familles. Et aujourd’hui, que l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan organise un colloque pour un enfant jadis considéré comme l’enfant perdu de la famille, cela est simplement incroyable. Quel honneur ! Les mots me manquent. Je ne puis que dire Merci à tous ! Le reggae est une musique en mission depuis Bob Marley, une musique qui a décidé de prendre la parole pour les sans voix. Je m’y suis engagé depuis des années et j’ai l’intention de continuer ce noble combat car le peuple a besoin de s’exprimer et quand il n’en a pas l’opportunité, il faut des gens pour parler pour lui. Très bon colloque à tous ! Rastafari !».
- Témoigne de M. Dion Simplice, vice-président de l’université Félix Houphouët-Boigny
« Il y a des artistes dont le travail est salué par les hommes, il y en a d’autres dont le travail est honoré par les Dieux, et pas seulement par les Dieux, mais également par les étoiles, par les astres, par la terre, par le ciel…Et, lorsque Tiken Jah affirme qu’il ne comprend pas pourquoi l’honneur (qu’il mérite amplement d’ailleurs) ne lui est pas encore rendu par son propre pays, qu’il sache que les oiseaux qui chantent le matin, le soleil qui se lève, la lune qui éclaire la nuit sont autant de signes de la nature qui l’honore ainsi et, c’est cette Nature qui lui dit Merci pour tout ce qu’il fait pour la Côte d’Ivoire…Il y a un niveau de l’art où ce n’est plus l’artiste qui parle mais ce sont les Dieux qui parlent à travers l’artiste. Et, le discours de Tiken Jah n’est pas la parole de Tiken Jah. Il n’est que le parangon d’une parole qui est transcendante, qui est au-delà de lui et c’est ce qui justifie cette influence sur le peuple. Qu’il soit salué pour tout ce qu’il fait pour la jeunesse de ce pays et même au-delà, pour les jeunesses du monde entier. »
- La leçon inaugurale
La leçon inaugurale fut prononcée par Dr (MC) Bamba Sidiki, enseignant-chercheur à l’Université Félix Houphouët-Boigny, spécialiste en communication politique et des médias. Elle avait pour thème : « Tiken Jah Fakoly : l’art et l’artiste au cœur du local et du global ». Durant une trentaine de minutes, le conférencier s’est attelé à montrer en quoi l’art de Tiken Jah relève du global.
Dans le paysage musical ivoirien, Tiken Jah Fakoly apparaît comme l’une des figures emblématiques du reggae, depuis bientôt 30 ans. L’artiste dont le physique et le faciès sont si caractéristiques, peut être qualifié, au regard de l’économie générale de son œuvre, d’artiste engagé dans la mesure où, au-delà de ses chansons, ses prises de positions politiques font de lui un critique des régimes politiques africains et des incongruités de notre époque. Notre objectif est d’explorer le parcours, l’engagement et l’impact de Tiken Jah Fakoly dans le paysage musical et socio-politique africain. À travers son œuvre, il promeut un reggae de combat, héritier de Bob Marley et du panafricanisme musical. Tiken Jah Fakoly est à la fois un successeur et un innovateur du reggae engagé. Sa musique prolonge le combat de ses prédécesseurs tout en le reformulant pour l’Afrique contemporaine. Face à d’autres artistes de la même trempe, il incarne une autre facette du reggae africain : plus panafricaniste, plus radicale dans ses revendications, et intégrant davantage les musiques du continent. Du local au global, Tiken Jah Fakoly souffle le national dans l’international à travers un parcours de conviction, des thématiques qui s’inscrivent dans le champ de l’engagement politique, de la dénonciation des injustices et de l’appel à la jeunesse africaine pour les enjeux politiques et sociaux. En résumé, la musique de Tiken Jah Fakoly sert de médiation culturelle et politique, en lien avec les problématiques contemporaines du continent africain.
4. Les ateliers de réflexion
Le colloque international en hommage à Tiken Jah Fakoly a réuni un total de 67 Communications (avec 75 communicants) dont 15 en ligne et 52 en présentiel. Les ateliers ont mobilisé 13 modérateurs et 14 rapporteurs réparties en 15 panels. Sept (07) axes thématiques ont été convoqués à savoir :
- Axe 1 : Problématique de la pauvreté et de la faim en Afrique
Le colloque, en ouvrant avec la « problématique de la pauvreté et de la faim en Afrique », met bien en évidence cette parole forte de l’artiste Tiken Jah Fakoly qui affirme que ‘’ le paradoxe de l’Afrique est que le continent est riche, mais ses habitants sont pauvres ». Cinq communications se sont intéressées à cette question, avec pour objectif de repenser la pauvreté massive de l’Afrique. Elles ont présenté Tiken Jah Fakoly comme un artiste engagé dans la lutte contre la pauvreté et la famine en Afrique. Aussi, qu’il s’agisse de la politique de reboisement à l’épreuve de la déforestation, du commerce des ressources halieutiques ou de la condition paysanne dans les sociétés africaines contemporaines bien mise en évidence à travers la chanson « Baba », de réelles solutions à cette problématique sont proposées dans les œuvres de l’artiste selon les conclusions de ce colloque.
- Axe 2 : Santé, éducation et changement des mentalités en Afrique
Les objectifs du développement durable reposent aux points 3 et 4 sur les questions de « santé, d’éducation », condition sine qua non au bien-être des peuples. Aussi ce deuxième axe, à travers dix communications, a-t-il abordé ce point en questionnant le faible niveau des élèves en Côte d’Ivoire, les impacts de la religion sur le progrès technoscientifique de l’Afrique Noire ; en évoquant les implications de la musique de Tiken Jah sur la didactique de l’anglais en Côte d’Ivoire. Il en résulte que l’artiste, en tant que pèlerin de la révolution grise est bel et bien une alternative pour l’éducation en Afrique, car ses interpellations et dénonciations à travers des textes poétiques constituent un espoir pour la démocratisation du continent. En sa qualité d’artiste engagé pour la santé des populations, Tiken Jah Fakoly choisit de chanter afin de communiquer pour le développement en Afrique ; ce qui présente, de toute évidence, son reggae comme une communication socio-musicale pour l’Afrique.
- Axe 3 : Femmes, jeunes, enfants et familles dans la musique de Tiken Jah Fakoly
Le troisième axe montre bien l’intérêt de l’artiste pour les populations et particulièrement pour les familles. Aussi, s’érige-t-il en défenseur de la dignité féminine, en criant « Non à l’excision !», constituant ainsi une voix pour la protection des droits de l’enfant africain et, assurant une transition entre la chanson militante et la littérature engagée L’aura et la popularité de l’artiste assurés par sa musique et les émissions radiophoniques « reggae » en ont fait un réel défenseur de l’image de la femme africaine à travers les chansons.
- Axe 4 : Changement climatique et questions écologiques
Les questions écologiques intéressent également l’artiste de reggae Tiken Jah Fakoly. Quatre communications ont abordé ce sujet lors de ce colloque. Une lecture éco poétique de « Le monde est chaud » permet d’aborder le reggae de Tiken Jah sous l’angle de la conscience écologique. Aussi, entre chansons et médias, Tiken Jah Fakoly constitue une voix de l’écologie. Par ailleurs, la relation tripartite entre la croissance urbaine sur la biodiversité et la température a également fait l’objet de recherche ; de même, la dialectique entre l’impact environnemental de la création plastique mangoro a été scrutée à l’aune des chansons de Tiken Jah Fakoly.
- Axe 5 : Paix, justice et démocratie en Afrique
Cet axe est de loin le plus fourni en communications (16), démontrant, à souhait l’intérêt de l’artiste pour les questions de démocratie, de justice et de paix. Ces communications ont essentiellement porté sur les réflexions sur la démocratie, les élections et l’État de droit en Afrique depuis 1990 ; le discours musical de Tiken Jah Fakoly : une médiation culturelle pour la paix, la justice, la démocratie et le développement durable en Afrique ; la problématique d’une justice désinstrumentalisée en Afrique, etc. Les analyses se sont faites autour de l’engagement social de Tiken Jah Fakoly et, la chanson « Nationalité » a été analysée au prisme de la recherche sur le peuplement de la Côte d’Ivoire. D’autres communications ont relevé le dilemme de l’artiste engagé, révélant la voie de la liberté dans la voix de Tiken Jah …pour une Afrique démocrate. De la théorie à la praxis, la musique [de Tiken Jah] pourrait tantôt être perçue comme un levier d’émancipation humaine et de transformation sociale ou comme une forme d’engagement citoyen, s’appuyant sur la mémoire, l’identité et la justice postcoloniale, tantôt comme une forme de théâtralité à l’épreuve des démocraties africaines ou simplement comme une manifestation du panafricanisme. On pourrait aussi y percevoir une sorte de renaissance de l’Afrique exprimée en chanson tant elle concourt à la décolonisation contre l’esclavage mental. En somme, cet axe présente la production musicale de Tiken Jah Fakoly comme un outil de lutte contre les injustices sociales en Afrique.
- Axe 6 : Partenariats et développement en Afrique postcoloniale
Douze communications se sont intéressées au champ du « partenariat et du développement en Afrique postcoloniale ». Entre volonté de sortir les pays africains des aléas de la mondialisation et quête d’une mondialisation culturelle à travers le chant choral, la musique de Tiken Jah se positionne comme un chant d’espoir à l’unité africaine. Elle participe à la lutte contre la migration vers l’Occident en offrant aux jeunes des stratégies managériales pour le développement de leur carrière, contribuant ainsi au changement de mentalités et au développement de l’Afrique. Toutefois, l’impact et l’influence de la civilisation Occidentale sur les valeurs socio-culturelles, artistiques en Afrique postcoloniale est bien réelle, même si l’afro-réalisme de Tiken Jah Fakoly constitue une lueur d’espoir, presqu’un idéal géopolitique à l’épreuve de la géographie politique.
- Axe 7 : Culture africaine et langue française dans la musique de Tiken Jah Fakoly
Ce dernier axe est constitué de onze communications en lien avec la culture, et plus exactement la langue et la musique en son aspect technique. Aussi ces communications ont-elles questionné les traits du style dans les textes de chansons en langue française de Tiken Jah Fakoly tout en mettant en valeur la syntaxe musicale, le timbre vocal de Tiken Jah Fakoly et les choix de ses tonalités. À l’analyse musicale des structures mélodico-harmoniques de ses œuvres, il résulte une hybridation musicale et une réappropriation culturelle, présentant l’artiste comme une figure contemporaine du parrèsiaste. D’autre part, la quête des origines dans la discographie de Tiken Jah Fakoly contribue à la restauration d’une unité africaine, à une forme de mise en scène de l’Histoire et de la Mémoire, présentant ainsi la force du langage dans sa musique comme une résultante de la légendaire jatigiya du Mali. En somme, cet artiste pourrait bien être présenté comme un apôtre de la démocratie et de la justice sociale.
5. La cérémonie de clôture
Prévue pour le vendredi 11 avril, la cérémonie de clôture s’est déroulée en présence des autorités de l’administration représentée par M. le Directeur du CERCOM, Dr (MC) Bamba Sidiki, du chef du département des arts, Dr Kourouma Kassoum et de plusieurs autres collègues d’autres UFR. Elle aura permis de dresser le bilan suivant :
- Axe 1 : 05 communications ;
- Axe 2 : 10 communications ;
- Axe 3 : 06 communications ;
- Axe 4 : 04 communications ;
- Axe 5 : 16 communications ;
- Axe 6 : 12 communications
- Axes 7 : 11 communications.
Quinze (15) institutions universitaires étaient représentées, réparties comme suit :
- Sept (07) universités nationales dont l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan (19 communications), l’Université Alassane Ouattara de Bouaké (18 communications), l’Institut National Supérieur des Arts et de l’Action Culturelle (08 communications), l’Université Peleforo Gon Coulibaly de Korhogo (02 communications), l’université virtuelle de Côte d’Ivoire (1 communication), l’Université de Bondoukou (1 communication) et le Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation (1 communication), soit un total de 50 communications pour les représentations nationales.
- Huit (08) institutions étrangères, notamment, l’université Norbert ZONGO de Koudougou/Burkina Faso (04 communications), l’université Joseph Ki-Zerbo/ Burkina Faso (03 communications), l’Université Abdou Moumouni de Niamey/ Niger (02 communications), l’École Normale de l’Enseignement Technique et Professionnel (ENETP) de Bamako/Mali (01 communication), l’Institut de Pédagogie Universitaire de Bamako/ Mali (01 communication), l’Université Cheick Anta Diop de Dakar/Sénégal (01 communication), l’Université de Parakou/Bénin (01 communication), l’Université de Lomé (01 communication) et l’Université Gustave Eiffel de Créteil/France (01 communication), soient un total de 15 communications pour les représentations étrangères.
Conclusion
Le colloque « Tiken Jah Fakoly : une voix.e du reggae au service du développement durable en Afrique » s’est concomitamment déroulé avec le Festival Universitaire des Arts et Cultures d’Afrique et d’Ailleurs (FUACAA) qui en était à sa première édition. Cette double activité s’est déroulée sur quatre jours (du 9 au 12 avril 2025) et a connu un réel succès, tant en termes de participants que de qualité des contributions. Le colloque-festival a vu la participation effective de hautes personnalités politiques (Son Excellence Monsieur le Consul de la République du Bénin en Côte d’Ivoire et l’Honorable député de Gbéléban), culturelles (Monsieur Doumbia Moussa dit Tiken Jah Fakoly) ainsi qu’un parterre d’universitaires venus de plusieurs pays d’Afrique et d’Europe. Les discussions scientifiques furent d’un très haut niveau et suscitèrent de vifs échanges qui se sont poursuivis hors des panels. Les différentes animations artistiques en musique, danse, théâtre, défilés de mode, etc. ont été beaucoup appréciées, au point où la deuxième édition du FUACAA est réclamée et attendue avec ferveur. Celle-ci aura lieu du 1er au 4 avril 2026, à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, et portera sur la thématique du « Zouglou : musique, politique et société. ».
Tous les panelistes et festivaliers ont eu droit à une attestation de communication et/ou de participation co-signée par le président du comité scientifique, Professeur Hien Sié et le Directeur du Laboratoire des Sciences de la Communication, des Arts et de la Culture (LSCAC), Docteur (MC) Koné Bassemory, pour les uns ; ou par Dr Koné Bassirima, le commissaire Général du FUACAA pour les autres.
KONÉ Bassirima
Maître Assistant
Université Félix HOUPHOUËT-BOIGNY- Abidjan
UFR : Information, Communication et Arts Président
Commissaire Général du FUACAA-25
Président du Comité d’Organisation du CITJF-25
Sidiki BAMBA
Dans le paysage musical ivoirien, Tiken Jah Fakoly apparaît comme l’une des figures emblématiques du reggae, depuis bientôt 30 ans. L’artiste dont le physique et le faciès sont si caractéristiques peut être qualifié, au regard de l’économie générale de son œuvre, d’artiste engagé dans la mesure où, au-delà de ses chansons, ses prises de position politiques font de lui un critique des régimes politiques africains et des incongruités de notre époque. Notre objectif est d’explorer le parcours, l’engagement et l’impact de Tiken Jah Fakoly dans le paysage musical et socio-politique africain. À travers son œuvre, il promeut un reggae de combat, héritier de Bob Marley et du panafricanisme musical. Tiken Jah Fakoly est à la fois un successeur et un innovateur du reggae engagé. Sa musique prolonge le combat de ses prédécesseurs tout en le reformulant pour l’Afrique contemporaine. Face à d’autres artistes de la même trempe, il incarne une autre facette du reggae africain : plus panafricaniste, plus radicale dans ses revendications, et intégrant davantage les musiques du continent. Du local au global, Tiken Jah Fakoly souffle le national dans l’international à travers un parcours de conviction, des thématiques qui s’inscrivent dans le champ de l’engagement politique, de la dénonciation des injustices et de l’appel à la jeunesse africaine pour les enjeux politiques et sociaux. En résumé, la musique de Tiken Jah Fakoly sert de médiation culturelle et politique, en lien avec les problématiques contemporaines du continent africain.
In the Ivorian music scene, Tiken Jah Fakoly has been one of the iconic figures of reggae for almost 30 years. The artist, whose physical appearance and facial features are so distinctive, can be described, in terms of the overall tone of his work, as a committed artist in that, beyond his songs, his political stance makes him a critic of African political regimes and the incongruities of our time. Our aim is to explore Tiken Jah Fakoly’s career, commitment and impact on the African musical and socio-political landscape. Through his work, he promotes a combative reggae, heir to Bob Marley and musical pan-Africanism. Tiken Jah Fakoly is both a successor and an innovator of socially conscious reggae.
His music continues the struggle of his predecessors while reworking it for contemporary Africa. Alongside other artists of the same calibre, he embodies another facet of African reggae : more pan-Africanist, more radical in its demands, and more inclusive of the continent’s music. From the local to the global, Tiken Jah Fakoly breathes national spirit into the international arena through a journey of conviction, themes that fall within the realm of political engagement, the denunciation of injustice, and the call to African youth to take up political and social issues. In short, Tiken Jah Fakoly’s music serves as a cultural and political mediator, addressing contemporary issues on the African continent.
Yaya DOSSO & Adam’s Lama DOSSO
Commerce des ressources halieutiques et sécurité alimentaire dans la sous-préfecture de Béoumi (centre de la Côte d’Ivoire)
Toujours engagé dans ses chansons, le chanteur Tiken Jah Fakoly avait rassemblé plus de 50 000 personnes à la Fête de l’Humanité en 2008 au parc de La Courneuve. Lors de ce spectacle, il soutient à travers un proverbe bambara que « la cuisine est plus âgée que la mosquée ». En d’autres termes, « l’alimentation passe avant tout et une personne qui a faim ne peut rien faire ». Ainsi, la star ivoirienne du reggae s’inquiète et tire la sonnette d’alarme sur la crise alimentaire qui menace le continent africain. D’ailleurs, en Côte d’Ivoire, la question de la sécurité alimentaire liée au commerce des ressources halieutiques demeure une problématique d’actualité. Dans ce pays, la principale source de protéine d’origine animale consommée par les populations est le poisson. Dans la sous-préfecture de Béoumi, la disponibilité de cette protéine animale est liée à la présence de cours d’eau que sont le Bandaman blanc et le kan. La vitalité des activités liées au commerce de cette protéine animale (le poisson) dans ladite circonscription administrative suggère de s’intéresser à l’apport de cette activité dans l’alimentation des populations locales. Cette étude analyse donc la part du commerce des ressources halieutiques dans la sécurité alimentaire des populations dans la Sous-préfecture de Béoumi. La collecte de données s’articule autour de l’exploitation des données primaires de terrain et secondaires. Il ressort de cette étude que le commerce des ressources halieutiques dans la Sous-préfecture de Béoumi contribue faiblement à la sécurité alimentaire des populations. Aussi, dans le but de réaliser un maximum de profit, les poissons sont vendus hors de ladite circonscription administrative et coûtent excessivement chers au regard des revenus faibles des populations.
Always committed to his songs, the singer Tiken Jah Fakoly brought together more than 50,000 people at the Fête de l’Humanité in 2008 at the Parc de La Courneuve. During this show, he maintains through a Bambara proverb that « the kitchen is older than the mosque ». In other words, « food comes first and a hungry person can’t do anything. » Thus, the Ivorian reggae star is worried and sounds the alarm on the food crisis that threatens the African continent. Moreover, in Côte d’Ivoire, the issue of food security linked to the trade in fisheries resources remains a topical issue. In this country, the main source of animal protein consumed by the population is fish. In the sub-prefecture of Béoumi, the availability of this animal protein is linked to the presence of rivers such as the Bandaman blanc and the kan. The vitality of the activities related to the trade of this animal protein (fish) in the said administrative district suggests that we should be interested in the contribution of this activity to the diet of local populations. This study therefore analyzes the share of trade in fishery resources in the food security of populations in the Sub-prefecture of Béoumi. Data collection revolves around the use of primary field and secondary data. The study shows that the trade in fishery resources in the Sub-prefecture of Béoumi contributes little to the food security of the population. Also, in order to make a maximum profit, fish are sold outside the said administrative district and are excessively expensive in view of the low incomes of the populations.
Ousmane DOUMBIA
Que les Africains soient quotidiennement dans la précarité et la morbidité sociales, voilà une problématique qui devrait préoccuper toute politique africaine responsable des capabilités. La paupérisation extrême des pays africains conduit à s’interroger sur la capacité des dirigeants à entreprendre des politiques de développement. Entre gouvernances inefficaces et réalités endogènes défavorables, le développement des pays africains patauge. C’est dans un tel contexte criard qu’il faut donner sens à l’engagement de Tiken Jah Fakoly, artiste chanteur qui emploie le reggae comme canal de réclamation, de protestation et de restauration. Avec sa volonté d’une Afrique nouvelle émergente, Tiken Jah Fakoly est une prise de position pour la démocratie, la justice, l’égalité et le développement. Ainsi nous pouvons donc procéder à une lecture rigoureuse de ses textes pour non seulement critiquer les facteurs de la crise sociale qui engendre constamment la pauvreté endémique et la faim en Afrique, mais aussi pour parvenir à la proposition des perspectives d’émancipation économique inspirées de l’approche des capabilités d’Amartya Sen.
The fact that Africans live in daily social precariousness and morbidity is an issue that should concern any African policy responsible for capabilities. The extreme impoverishment of African countries raises questions about the ability of leaders to implement development policies. Between ineffective governance and unfavourable endogenous realities, the development of African countries is floundering. It is in this stark context that we must understand the commitment of Tiken Jah Fakoly, a singer who uses reggae as a channel for complaint, protest and restoration. With his desire for a new emerging Africa, Tiken Jah Fakoly takes a stand for democracy, justice, equality and development. We can therefore proceed to a rigorous reading of his lyrics, not only to criticise the factors of the social crisis that constantly engenders endemic poverty and hunger in Africa, but also to arrive at a proposal for economic emancipation inspired by Amartya Sen’s capabilities approach.
Kassoum KOUROUMA
Caractérisée par une faible mécanisation, l’agriculture africaine est le champ d’analyse des relations étroites entre décideurs et populations rurales. Aussi le reggae, fidèle à sa réputation de musique de combat, s’est-il maintes fois saisi de la question d’une juste rémunération des paysans, condition sine qua non du développement partagé et de la cohésion sociale en Afrique. Paru sur l’album Le caméléon (2000), le titre « Baba » de Tiken Jah Fakoly est un plaidoyer en faveur du monde paysan. Dans un dialogue fictif entre un planteur et son fils, l’artiste dénonce la mévente des productions agricoles, en dépit du travail harassant des paysans.
À travers le titre « Baba », Tiken Jah Fakoly explore les réalités économiques complexes d’une Afrique dont le développement repose en grande partie sur l’agriculture. Par la médiation de la sémiologie, la présente contribution identifiera les problèmes du monde agricole en Afrique et présentera des solutions en vue d’améliorer de la condition paysanne.
Characterized by low mechanization, African agriculture is a field of analysis for the close relationships between decision-makers and rural populations. Reggae, true to its reputation as a music of struggle, has repeatedly addressed the issue of fair compensation for farmers, a sine qua non for shared development and social cohesion in Africa. Featured on the album Le caméléon (2000), Tiken Jah Fakoly’s track « Baba » is a plea for the peasant world. In a fictional dialogue between a farmer and his son, the artist denounces the poor sales of agricultural produce, despite the farmers’ backbreaking work.
Through the track « Baba, » Tiken Jah Fakoly explores the complex economic realities of an Africa whose development relies largely on agriculture. Through the mediation of semiology, this contribution will identify the problems of the agricultural world in Africa and present some solutions to improve the conditions of farmers.
YOKORE Zibé Nestor
Résumé : Les interjections expriment à l’état brut, un sentiment plus ou moins vif du locuteur. « C’est l’expression comme irrésistible d’une sensation ou d’un sentiment (tristesse, joie) ces mots-phrases (les interjections) équivalent à des phrases exclamatives. Les principaux mots-phrases de ce type sont : hélas, Bravo, Merde, » (M. Grevisse, P.1567). Les interjections sont donc chargées de véhiculer certaines émotions ou certains ressentiments dont le sujet parlant tente de transférer le vécu chez autrui. La syntaxe de la langue française est envahie par des formes linguistiques directes que sont les interjections utilisées par Adiaffi dans ses écrits. Il y a donc une insertion de mots issus des langues locales que sont l’Akan et le malinké dans le français utilisé par Adiaffi. Dans la majorité des cas, en littérature africaine et ivoirienne en particulier, cette insertion de mots se fait de façon didactique comme pour ajouter de nouveaux mots au français et préparer leur acceptation. Ces apports permettent aussi de donner un dynamisme à la langue littéraire, permettant ainsi d’inscrire le lecteur dans le contexte du récit mais aussi de traduire l’état affectif du locuteur.
Mots-clés : interjection, sentiments, émotions, affectivité, dynamisme.
INTERJECTIONS AND THE EXPRESSION OF AFFECTIVITY IN JEAN-MARIE ADIAFFI’S CARTE D’IDENTITE
Abstract : Interjections express in their raw state, a more or less vivid feeling of the speaker. « It is the expression as irresistible of a sensation or a feeling (sadness, joy) these phrase words (interjections) are equivalent to exclamatory sentences. The main phrase words of this type are: alas, Bravo, Merde, » (M. Grevisse, P.1567). Interjections are therefore responsible for conveying certain emotions or certain resentments whose experience the speaking subject tries to transfer to others. The syntax of the French language is invaded by direct linguistic forms that are the interjections used by Adiaffi in his writings. There is therefore an insertion of words from the local languages that are Akan and Malinke in the French used by Adiaffi. In most cases, in African and Ivorian literature in particular, this insertion of words is done in a didactic way as if to add new words to French and prepare their acceptance. These contributions also make it possible to give dynamism to the literary language, thus making it possible to place the reader in the context of the story but also to translate the emotional state of the speaker.
Keywords : interjection, feelings, emotions, affectivity, dynamism.
SOUPE Lou Touboué Jacqueline
Résumé : Les interjections expriment à l’état brut, un sentiment plus ou moins vif du locuteur. « C’est l’expression comme irrésistible d’une sensation ou d’un sentiment (tristesse, joie) ces mots-phrases (les interjections) équivalent à des phrases exclamatives. Les principaux mots-phrases de ce type sont : hélas, Bravo, Merde, » (M. Grevisse, P.1567). Les interjections sont donc chargées de véhiculer certaines émotions ou certains ressentiments dont le sujet parlant tente de transférer le vécu chez autrui. La syntaxe de la langue française est envahie par des formes linguistiques directes que sont les interjections utilisées par Adiaffi dans ses écrits. Il y a donc une insertion de mots issus des langues locales que sont l’Akan et le malinké dans le français utilisé par Adiaffi. Dans la majorité des cas, en littérature africaine et ivoirienne en particulier, cette insertion de mots se fait de façon didactique comme pour ajouter de nouveaux mots au français et préparer leur acceptation. Ces apports permettent aussi de donner un dynamisme à la langue littéraire, permettant ainsi d’inscrire le lecteur dans le contexte du récit mais aussi de traduire l’état affectif du locuteur.
Mots-clés : interjection, sentiments, émotions, affectivité, dynamisme.
INTERJECTIONS AND THE EXPRESSION OF AFFECTIVITY IN JEAN-MARIE ADIAFFI’S CARTE D’IDENTITE
Abstract : Interjections express in their raw state, a more or less vivid feeling of the speaker. « It is the expression as irresistible of a sensation or a feeling (sadness, joy) these phrase words (interjections) are equivalent to exclamatory sentences. The main phrase words of this type are: alas, Bravo, Merde, » (M. Grevisse, P.1567). Interjections are therefore responsible for conveying certain emotions or certain resentments whose experience the speaking subject tries to transfer to others. The syntax of the French language is invaded by direct linguistic forms that are the interjections used by Adiaffi in his writings. There is therefore an insertion of words from the local languages that are Akan and Malinke in the French used by Adiaffi. In most cases, in African and Ivorian literature in particular, this insertion of words is done in a didactic way as if to add new words to French and prepare their acceptance. These contributions also make it possible to give dynamism to the literary language, thus making it possible to place the reader in the context of the story but also to translate the emotional state of the speaker.
Keywords : interjection, feelings, emotions, affectivity, dynamism.
