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NUMÉRO SPÉCIAL
Institut de formation et d’éducation artistique, l’INSAAC s’est engagé depuis quelques années à faire de la Recherche Scientifique une de ses priorités. Ainsi, sous à l’initiative du Directeur Général, le Professeur OUATTARA Siaka, des colloques scientifiques sur des thématiques fondées sur la promotion et la diffusion des arts et la culture sont soumis depuis quelques années, à la sagacité des chercheurs, des publics et des passionnés de la culture.
Cette édition intitulée JOURNEES SCIENTIFIQUES DE L’INSAAC, 6e EDITION, s’est tenue du 26 au 27 juin 2024, autour du thème : « Dynamique des expressions artistiques et culturelles en Côte d’Ivoire : Trajectoires, défis et perspectives ».
Ce cadre de réflexion, placé sous haut parrainage de Madame Françoise REMARCK, Ministre de la Culture et de la Francophonie, a fédéré autour de l’expérience de la pensée féconde et originale, plusieurs participants venus d’horizons divers, en particulier, des universités et grandes écoles de notre pays. Au regard du thème général, trois axes principaux ont été dégagés pour circonscrire les différentes communications. Ce sont :
Axe 1 : Trajectoires artistiques et culturelles ;
Axe 2 : Défis du développement artistique et culturel ;
Axe 3 : Perspectives artistiques et culturelles.
Le présent rapport se déploie en quatre points :
- La cérémonie d’ouverture
- La conférence inaugurale
- Les panels
- La cérémonie de clôture
1. La cérémonie d’ouverture: s’est déroulée à la salle de théâtre Bitty Moro, en présence du représentant de la Ministre de la Culture et de la Francophonie, des officiels, du DG de l’INSAAC et ses collaborateurs, des panelistes, des étudiants et invités. Elle a été meublée par plusieurs allocutions dont celles du DG de l’INSAAC, du Président du comité scientifique et celle du représentant de la Ministre de la Culture et de la Francophonie, Madame Françoise REMARCK, le Professeur TOUGBO Koffi, Directeur de la Formation Artistique et Culturelle.
Le DG de l’INSAAC a remercié la Ministre de la culture et de la Francophonie pour son intérêt pour la formation artistique, en particulier, pour la recherche scientifique. Il a également salué la présence du Professeur TOUGBO Koffi, Directeur de la Formation Artistique et Culturelle, pour sa disponibilité et celle du Professeur YACOUBA Konaté, pour son attachement à cet institut.
Le président du Comité Scientifique, le Professeur ABOLOU Camille, par ailleurs Directeur du CRAC, tout en remerciant le Directeur Général pour l’initiative des JOURNÉES SCIENTIFIQUES, a jugé le Thème retenu pour cette sixième édition, d’une thématique aguichante qui magnifie les Artistes Ivoiriens dans les domaines des Arts et de la Culture.
Il s’agira donc selon lui, lors de journées scientifiques de réfléchir sur les Pratiques et les Représentations individuelles et collectives qui alimentent l’émotion humaine et lui garantissent la gaieté et la félicité.
Notant son admiration pour le Directeur Général de l’INSAAC pour son management, le Professeur TOUGBO Koffi lui a réitéré la confiance de Madame la Ministre de la Culture et de la Francophonie, avant d’ouvrir solennellement les journées dans une atmosphère chaleureuse ponctuée d’intermèdes musicales orchestrées par les étudiants de l’INSAAC et la contribution artistique sur un fond de Jazz de Docteur Angeline Yégnan.
Axe 1: TRAJECTOIRES ARTISTIQUES ET CULTURELLES
ASSEKA Tchoman François
Résumé : La loufoquerie, l’immobilisme, la cruauté, la cupidité, le cynisme et l’hypocrisie des détenteurs du pouvoir à toutes les échelles de la société constituent une thématique majeure abordée par nombre de dramaturges africains dont Soro Guéfala. La mentalité d’un nouveau type d’homme africain, formaté à l’image de l’Occident le rend monstrueux. Égaré sur la voie tortueuse de son initiation à la civilisation urbaine, celui-ci devient insensible à la solidarité agissante et indigne de confiance. C’est, du reste, cette déraison de l’Homme qui suscite l’hypothèse selon laquelle l’écriture dramatique de Soro Guéfala est ubuesque. Organisée autour d’une perspective sociocritique telle que proposée par Claude Duchet, nous parvenons aux résultats selon lesquels l’être humain a besoin d’être épris de paix et d’être compatissant à l’égard de son prochain pour la construction d’un monde meilleur. Aussi les intrigues de L’ordonnance et de La Terre promise, tenant le lecteur-spectateur en haleine, participent-elles de la dynamique du théâtre de Soro Guéfala.
Abstract: The zaniness, immobility, cruelty, greed, cynicism and hypocrisy of those in power at all levels of society is a major theme addressed by many African playwrights, including SoroGuéfala. The mentality of a new type of African man, formatted in the image of the West, makes him monstrous. Wandering along the tortuous path of his initiation into urban civilization, he becomes insensitive to active solidarity and untrustworthy. It is, incidentally, this human folly that gives rise to the hypothesis that SoroGuéfala’s dramatic writing is ubiquitous. Organized around a sociocritical perspective as proposed by Claude Duchet, we arrive at the results that human beings need to be peace-loving and compassionate towards their fellow man in order to build a better world. The plots of L’ordonnance and La Terre promise, which keep the reader-spectator on the edge of his seat, are part of the dynamic of SoroGuéfala’s theater.
FANNY Losseni & TANO Kouakou Pierre
Résumé : La théâtralité et l’animation socioculturelle sont deux arts du spectacle qui minent la plupart des cérémonies africaines depuis l’époque précoloniale. Partant de ce constat, la présente réflexion se propose de les analyser dans le mariage coutumier qui se définit comme la célébration d’une union fondée sur la dot. Cette gratifie ne peut se défaire du mariage coutumier parce que, faisant partie intégrante des mœurs de ceux qui la pratique. Le mariage coutumier se présente sous des formes variées selon les peuples d’Afrique. Dans cette étude, nous nous intéressons précisément au mariage du peuple malinké de Côte d’Ivoire. Unis sous un même support linguistique appelé malinké, le peuple en question est présent dans plusieurs pays d’Afrique. En Côte d’Ivoire, les Malinké se localisent essentiellement au nord ivoirien. Le mariage coutumier malinké est source de spectacle qui se manifeste par la théâtralité et l’animation socioculturelle. À travers ces éléments fondamentaux des arts du spectacle, les populations tirent des avantages à plusieurs niveaux. Au niveau social, le mariage favorise le bien-être social, la responsabilité, l’union et les alliances interfamiliales. Au niveau culturel, il permet la préservation, la valorisation et la promotion de la culture africaine.
Abstract: Theatricality and socio-cultural animation are two performing arts that have undermined most African ceremonies since pre-colonial times. With this in mind, we propose to analyze them in the context of customary marriage, which is defined as the celebration of a dowry-based union. This gratification cannot be dispensed with in customary marriage, because it is an integral part of the customs of those who practice it. Customary marriage takes a variety of forms among the peoples of Africa. In this study, we focus on the marriage of the Malinke people of Côte d’Ivoire. United under a single linguistic support called Malinké, the people in question are present in several African countries. In Côte d’Ivoire, the Malinké are mainly found in the north of the country. The Malinké customary marriage is a source of spectacle, manifested in theatricality and socio-cultural animation. Through these fundamental elements of the performing arts, the population derives benefits on several levels. At the social level, marriage promotes social well-being, responsibility, union and inter-family alliances. Culturally, it helps preserve, enhance and promote African culture.
KIRIOUA Adjé César
Résumé : Cet article s’inscrit dans la thématique de la représentation des espaces dans les œuvres littéraires et artistiques, et plus particulièrement dans l’analyse des liens entre l’espace et le contexte socio-économique de création. Il analyse la manière dont le film d’animation Aya de Yopougon met en scène le « miracle économique ivoirien » des années 70. L’article s’intéresse aux plans de situation utilisés dans le film pour illustrer le contexte socio-économique de l’époque, ainsi qu’aux différentes techniques de mise en scène déployées pour représenter cette période glorieuse de la Côte d’Ivoire. Cette étude met en lumière les corrélations entre l’espace filmique et l’imaginaire social, et questionne le rôle des productions cinématographiques dans la construction de la mémoire collective. L’analyse sémiologique du film Aya de Yopougon conclut que les plans de situation sont utilisés pour montrer la croissance rapide de la ville d’Abidjan avec la construction d’infrastructures routières et immobilières, la naissance d’une aristocratie locale et la popularité des produits importés.
Abstract: This article is part of the theme of the representation of spaces in literary and artistic works, and more particularly in the analysis of the links between space and the socio-economic context of creation. It analyzes the way in which the animated film Aya de Yopougon depicts the “Ivorian economic miracle” of the 1970s. The article focuses on the situation plan used in the film to illustrate the socio-economic context of the era, as well as the different staging techniques deployed to represent this glorious period of Côte d’Ivoire. This study highlights the correlations between film space and the social imagination, and questions the role of cinematographic productions in the construction of collective memory. The semiological analysis of the film Aya de Yopougon concludes that the situation plan are used to show the rapid growth of the city of Abidjan with the construction of road and real estate infrastructure, the birth of a local aristocracy and the popularity of products imported.
GUEYE Yoro Emmanuel
Résumé : Autour du sceau de la modernité, l’imagination créatrice investit la matière exonérée des rituels mystificateurs du modelage traditionnel africain. La quête effrénée de conformité au réel naturel permet à Koffi Donkor d’élever à la dignité artistique la statuaire monumentale avec un talent exceptionnel. Son ingéniosité manuelle fait sienne une pensée novatrice qui s’accommode d’une résonance implacable de vérité sculpturale.
Abstract: Around the seal of modernity, creative imagination invests the material exempt from the mystifying rituals of traditional African modeling. The frantic quest for conformity to natural reality allows Koffi Donkor to raise monumental statuary to artistic dignity with exceptional talent. His manual ingenuity embraces innovative thinking that puts up with an implacable resonance of sculptural truth.
YOKORE Zibé Nestor
Résumé : Les interjections expriment à l’état brut, un sentiment plus ou moins vif du locuteur. « C’est l’expression comme irrésistible d’une sensation ou d’un sentiment (tristesse, joie) ces mots-phrases (les interjections) équivalent à des phrases exclamatives. Les principaux mots-phrases de ce type sont : hélas, Bravo, Merde, » (M. Grevisse, P.1567). Les interjections sont donc chargées de véhiculer certaines émotions ou certains ressentiments dont le sujet parlant tente de transférer le vécu chez autrui. La syntaxe de la langue française est envahie par des formes linguistiques directes que sont les interjections utilisées par Adiaffi dans ses écrits. Il y a donc une insertion de mots issus des langues locales que sont l’Akan et le malinké dans le français utilisé par Adiaffi. Dans la majorité des cas, en littérature africaine et ivoirienne en particulier, cette insertion de mots se fait de façon didactique comme pour ajouter de nouveaux mots au français et préparer leur acceptation. Ces apports permettent aussi de donner un dynamisme à la langue littéraire, permettant ainsi d’inscrire le lecteur dans le contexte du récit mais aussi de traduire l’état affectif du locuteur.
Mots-clés : interjection, sentiments, émotions, affectivité, dynamisme.
INTERJECTIONS AND THE EXPRESSION OF AFFECTIVITY IN JEAN-MARIE ADIAFFI’S CARTE D’IDENTITE
Abstract : Interjections express in their raw state, a more or less vivid feeling of the speaker. « It is the expression as irresistible of a sensation or a feeling (sadness, joy) these phrase words (interjections) are equivalent to exclamatory sentences. The main phrase words of this type are: alas, Bravo, Merde, » (M. Grevisse, P.1567). Interjections are therefore responsible for conveying certain emotions or certain resentments whose experience the speaking subject tries to transfer to others. The syntax of the French language is invaded by direct linguistic forms that are the interjections used by Adiaffi in his writings. There is therefore an insertion of words from the local languages that are Akan and Malinke in the French used by Adiaffi. In most cases, in African and Ivorian literature in particular, this insertion of words is done in a didactic way as if to add new words to French and prepare their acceptance. These contributions also make it possible to give dynamism to the literary language, thus making it possible to place the reader in the context of the story but also to translate the emotional state of the speaker.
Keywords : interjection, feelings, emotions, affectivity, dynamism.
SOUPE Lou Touboué Jacqueline
Résumé : Les interjections expriment à l’état brut, un sentiment plus ou moins vif du locuteur. « C’est l’expression comme irrésistible d’une sensation ou d’un sentiment (tristesse, joie) ces mots-phrases (les interjections) équivalent à des phrases exclamatives. Les principaux mots-phrases de ce type sont : hélas, Bravo, Merde, » (M. Grevisse, P.1567). Les interjections sont donc chargées de véhiculer certaines émotions ou certains ressentiments dont le sujet parlant tente de transférer le vécu chez autrui. La syntaxe de la langue française est envahie par des formes linguistiques directes que sont les interjections utilisées par Adiaffi dans ses écrits. Il y a donc une insertion de mots issus des langues locales que sont l’Akan et le malinké dans le français utilisé par Adiaffi. Dans la majorité des cas, en littérature africaine et ivoirienne en particulier, cette insertion de mots se fait de façon didactique comme pour ajouter de nouveaux mots au français et préparer leur acceptation. Ces apports permettent aussi de donner un dynamisme à la langue littéraire, permettant ainsi d’inscrire le lecteur dans le contexte du récit mais aussi de traduire l’état affectif du locuteur.
Mots-clés : interjection, sentiments, émotions, affectivité, dynamisme.
INTERJECTIONS AND THE EXPRESSION OF AFFECTIVITY IN JEAN-MARIE ADIAFFI’S CARTE D’IDENTITE
Abstract : Interjections express in their raw state, a more or less vivid feeling of the speaker. « It is the expression as irresistible of a sensation or a feeling (sadness, joy) these phrase words (interjections) are equivalent to exclamatory sentences. The main phrase words of this type are: alas, Bravo, Merde, » (M. Grevisse, P.1567). Interjections are therefore responsible for conveying certain emotions or certain resentments whose experience the speaking subject tries to transfer to others. The syntax of the French language is invaded by direct linguistic forms that are the interjections used by Adiaffi in his writings. There is therefore an insertion of words from the local languages that are Akan and Malinke in the French used by Adiaffi. In most cases, in African and Ivorian literature in particular, this insertion of words is done in a didactic way as if to add new words to French and prepare their acceptance. These contributions also make it possible to give dynamism to the literary language, thus making it possible to place the reader in the context of the story but also to translate the emotional state of the speaker.
Keywords : interjection, feelings, emotions, affectivity, dynamism.
